Entretien réalisé avec Catherine Jauffred,

Entretien réalisé avec Catherine Jauffred,

Ecologue, rédactrice en chef de "La semaine du Minervois".

Peux tu nous expliquer comment tu es devenue conseillère en Art Familial?

Des situations troublantes de ma vie m’ont fait observer qu’en famille comme au travail, chez moi et chez tous mes collaborateurs,  mes étudiants ou mes enfants, le stress est source de dysfonctionnements de l’intelligence cognitive, affective, émotionnelle et relationnelle.  Pour ne pas stresser, le milieu de vie est essentiel. C’est un facteur principal du bien faire ou du bien vivre. On croit qu’ « être heureux » c’est « avoir un savoir vivre ». Mais le savoir vivre, c’est aussi et peut être d’abord contribuer à produire un milieu épanouissant pour soi et les autres.

Les problèmes et les solutions sont elles les même au travail, dans le couple, avec les enfants, ou en classe avec des élèves?

Quand on observe les situations problèmes selon un angle anthropologique, on voit des points communs et des solutions communes. L’essentiel dans toutes ces situations est de se poser des questions, ne pas être d’abord celui qui juge, qui critique, mais toujours « manier le doute avec allégresse ». Et si c’était pas perdu? Et si l’autre n’était pas mal intentionné? Et si j’essayais quelque chose? Et si nous nous faisions aider?
J’ai fait un master de sciences de l’éducation à l’institut supérieur de pédagogie pour apprendre à me poser des questions utiles.
Mes maîtres ont été de grands témoins sur l’art et la manière de ne pas être un « sachant » mais de questionner, d’observer à plusieurs, d’écouter, de discerner les dynamiques personnelles ou collectives, anthropologiques, psychologiques, sociologiques. Les postures très humbles de nos enseignements, ont fait naître une vocation, celui de la guidance pour le développement de compétences nouvelles, personnelles, familiales et professionnelles et la révélation des talents des parents en particuliers.

Comment es-tu venu à proposer ces « services » ? Comment as-tu commencé ?

Lors de mes débuts professionnels, j’ai été formée à l’outil de profil de personnalité MBTI et je m’en servais pour optimiser le fonctionnement de mes équipes. Auprès d’eux je pratiquais sorte de coaching en développement collectif. En master, j’ai été élève d’Antoine de la Garanderie et j’ai été formée à la Gestion mentale. C’est avec cet outil que j’ai commencé à aider des élèves en difficulté scolaire, des adolescents en crise, ou des étudiants à se sentir plus confortables en classe et avec eux même, à être plus performants dans l’objectif d’examens ou de concours. Ce furent les débuts de ma pratique dans un esprit de développement personnel.
A la suite de mon master, j’ai fait une thèse et c’est auprès de professionnel de l’éducation que j’ai joué un rôle d’accompagnateur pour des séances d’observations réfléchies des pratiques professionnelles. C’était un plaisir exceptionnel, pour eux et pour moi. Je me suis formée à de multiples techniques d’explicitation et d’analyse des discours pour développer une sensibilité particulière et guider au mieux les sujets à découvrir leurs propres talents et trouver les moyens de contourner leurs blocages.
Dans le cadre de mes activités associatives, j’ai été consultée par mes collègues chercheurs ou enseignants, eux même parents, ou par leurs enfants. Chaque personne rencontrée, en fin d’accompagnement, me parlait d’une autre famille en souffrance en espérant que ce qui leur avait été utile, pourrait les aider aussi.

Sans que j’affiche une activité officielle de guidance parentale, les familles se présentaient d’elle même pour demander de l’aide.
J’ai découvert une demande: Les parents, les familles n’ont pas conscience d’un désordre psychologique ni besoin d’une aide psychologique. Mais ils éprouvent des manques.

C’est un peu comme si ils avaient une belle machine: leur personnalité brillante, leur famille aimante, mais pas le mode d’emploi, ou plutôt pas le mode d’emploi adapté au monde d’aujourd’hui…
Ce sont eux qui m’ont convaincue de mon droit à agir dans ce domaine de l’aide aux familles, qui débouche sur de l’accompagnement au développement personnel

Sur quels savoirs ou références bases-tu tes réflexions ?

Pour me donner les moyens de ma recherche, j’ai cherché à développer des compétences d’observation d’écoute et d’analyse. J’ai fréquenté plusieurs laboratoires de recherche et séminaire d’enseignement dans plusieurs domaines. Le LIRTES (Laboratoire Interdisciplinaire de Recherche sur les Transformations des pratiques éducatives et des Pratiques Sociales), a été ma maison première. Le GREX (Groupement de Recherche en Explicitation) m’a appris l’intention éveillante qui a la vertu d’amener à une prose de conscience de ce qui se passe , en plus des intentions du sujet, et qu’il perçoit, mais qu’il n’a pas souvent les moyens de traiter faute de … on dira « disponibilité »!

J’ai particulièrement appris sur les difficultés vécues en famille avec les Séminaires Psychanalytiques de Paris qui invitent tous les mois des praticiens chercheurs venant de plusieurs pays et plusieurs disciplines pour évoquer les formats nouveaux de vie sociale et les nouveaux lieux de souffrances des personnes et des familles. il y a tant de fragilités nouvelles!

Ma première recherche portait sur la digitalisation qui est une instrumentation de la relation pédagogique et en conséquence, une transformation du milieu de la classe. Dans ma thèse, je décris comment cela fait évoluer les relations pédagogiques et l’engagement des élèves. J’ai encadré une recherche qui observait comment l’intégration d’une école  de type Maison Familiale Rurale au sein du village faisait évoluer les pratiques sociales et politiques de tout le village. Je ne vais pas faire l’inventaire de tous mes engagements… Dernièrement je me suis intéressée aux facteurs de l’employabilité, du bien être au travail et du développement économique. Il vient que c’est la qualité du milieu éducatif, de l’exemplarité des modèles humaines, de la constance de la confiance donnée qui donne les meilleurs atouts au petit d’homme pour lui permettre de devenir la meilleure version de lui même. Je continue, en parallèle de mon activité de conseiller en Art familial à participer à des projets de recherche en sciences humaines sur le développement des compétences personnelles et relationnelles.

Pourquoi Art Familial?

Ma proposition à découvrir son propre Art Familial n’est ni une formation, ni une thérapie. Au travers de l’inventaire de vos difficultés, discerner les obstacles sur lesquels vous butez et vous aider à inventer de nouvelles trajectoires . L’Art Familial, est l’Art d’inventer des portes de sortie à des difficultés répétitives pour sortir des ornières embourbées qui vous font souffrir.

Chaque journée de contrariété est une journée de perdue pour vous et vos proches. L’accompagnement en Art Familial est destiné à un  besoin de solution rapide et efficace. N’hésitez pas. C’est rapide et efficace