Narcisse, c’est la fleur de février

Les arbres sont nus, mais déjà les premières fleurs apparaissent. La vie recommence éternellement semble-t-il. Mais nous changeons ….Comment vivre ces changements ?

C’est une réflexion qui nous anime tous très tôt: dès qu’on prend conscience de soi.
Ouvrons la en atelier d’Art Thérapie avec l’objectif de mieux se connaitre et de devenir la meilleure version de soi, peut être en apaisant des dépendances affectives, des colères irraisonnées, des inquiétudes ordinaires mais gênantes.

Voudriez vous vivre cet atelier? Vous pouvez vous amuser à explorer ce texte pour vous ou pour comprendre les enjeux d’une construction.

Connaissez vous le mythe de Narcisse ?

Narcisse nous parle précisément du changement que le temps opère sur nous, du vieillissement, de la beauté corporelle défunte, de la disparition de nos idéaux ou de nos proches, du dédoublement de nous meme entre ce que nous sommes, ou sommes devenus et la persistance de ce que nous étions et nos ressentis virtuels rattachés à une époque donnée : Vous aussi vous avez 24 ans ? Comme moi ? Ou peut etre avez-vous encore et toujours 10 ans ! « Je sais que ce n’est pas vrai mais j’ai 10 ans »

Cela nous rattache à nous même: c’est à dire à la perte irrévocable de soi-même au profit de soi devenant: Nous sommes toujours en changement et en espérance d’un mieux etre.

Le Narcissisme a été inventé par un Sigmund Freud qui s’était laissé influencer par les représentations de son époque sur les femmes. les femmes de la fin du XIXème siècle sont nombreuses à être folles de la douleur structurelle d’être  dépendantes, privées de liberté, exclues de la vie politique et économique, objectifiées, réduites à des fonctions étriquées de pourvoyeuses de dot, de mère de famille, de maitresse attitrée, d’ouvrière épuisée.. et évaluées dans cette seule dimension de tous les possibles qu’elles pourraient espérer vivre. Elles représentent presque 80% des patients des hospices psychiatriques. A cause de la genèse de ce modèle de narcissisme, le narcissisme est compris souvent comme une sorte d’amour propre un peu poussé, un nombrilisme exagéré, une tendance marquée à l’égocentrisme ou plus littérairement déjà comme un égotisme. Mais ce n’est pas cela.

Mais nous sommes tous vivants et tous nous sommes confrontés à ce que nous avons été, ce que nous sommes, ce que nous aimerions etre.

Vous souvenez-vous du mythe ? Narcisse est aimé mais il repousse Echo … Car décidément, l’amour humain est incomplet et décevant ! Et quand il découvre son reflet dans une source ou, peut etre , parce qu’il avait une sœur jumelle morte, et qu’il y reconnait peut etre cette image de lui-même idéalisée car elle lui manque , elle est ce qui lui manque, elle lui donnerait la complétude  et le rendrait infiniment aimable. De cette altération de la perception du réel, il reste entravé dans sa stérilité entre la vie et la mort… Mais quand il meurt, son corps part en poussière et se détache de son image. Alors il fleurit, une métamorphose s’accomplit, une plante qui porte son nom apparaît, qui évoque la beauté corporelle défunte.

Le narcissisme, concept clé de la psychanalyse est vital, il se construit comme toutes les compétences, marcher, parler, durant la vie de la personne.

On a une chance au tirage et une chance au grattage.

Au tirage, c’est le jack pot, c’est pendant la construction du petit enfant en relation avec ses parents: les relations bienveillantes avec le parents à l’écoute des besoins affectifs réels de l’enfant sont la source du NARCISSISME PRIMAIRE. Ce narcissisme n’est jamais parfaitement réalisé, et donc il y a à compléter.

Cette complémentarité se fait dans le temps de la relation aux autres, en dehors des personnes de tutelles proches. en mode résolution de problèmes. C’est l’étape du grattage, c’est moins naturel, ça frotte, ça gratte, mais c’est utile si c’est productif et si on reste pas coincé dans les fonctionnements d’évitement, de contrôle qui produisent de la violence. Le NARCISSISME SECONDAIRE est utile si on évolue dans cette stratégie et qu’on ne l’utilise pas de façon répétée et bloquée.

En résumé:
le narcissisme primaire invite le sujet à s’aimer « soi d’abord » , il est nécessaire.
le narcissisme secondaire, qui s’exprime en plusieurs modalités selon les contextes de vie et qui utile s’il est formateur et passager sinon il est encombrant et douloureux.

Le narcissisme primaire

S’aimer est une fonction vitale qui doit être prioritaire dans le développement de la personne ( on dit « avoir une prévalence temporelle et structurelle ») : Je m’aime D’ABORD MOI et avec PLUS DE PERTINENCE que ce que je peux le faire pour les autres, puisque je me connais ou désire me connaitre plus que ce que je ne connais les autres ou suis intéressée à connaitre les autres.

Cette nécessité de la prévalence de soi s’exerce souvent :  En avion, on s’équipe soi meme en premier du masque à oxygène avant d’équiper son voisin dans un avion pressurisé. On s’accorde d’abord à soi meme de l’empathie pour pouvoir en offrir durablement aux autres

Cette ordre n’est pas toujours respecté :

On dit des femmes qu’elles deviennent folles en devenant mères alors qu’elles prennent plus soin de l’enfant que d’elle-même, ignorant leurs propres besoins au profit de ceux de l’enfant. L’homme aussi sait avoir une posture oblative.

Le petit enfant aime plus la relation aux autres que lui-même alors qu’ il n’a d’abord pas conscience de lui-même et que la relation lui est essentielle pour se sentir vivre et survivre. C’est pas une validation du milieu pour l’enfant parce qu’il est aimé inconditionnellement.

Pour Lacan, le nourrisson (qui est au départ tourné vers l’extérieur d’où il tire sa sécurité et toutes ses perceptions), devient un enfant conscient de lui-même à partir de la « phase du miroir ».

C’est à ce moment-là que le parent nourricier devient parent éducateur et investit la dimension éducative consciente, en associant l’enfant à ce projet éducatif, en le faisant collaborer aux soins dont il a besoin jusqu’à l’autonomie adulte.

Plus tard, encore, le thérapeute ou le pédagogue éduquent la personne en détresse psychique ou l’élève en recherche de capabilité à s’aimer en pleine conscience.

On prévient le Burn out en soutenant la légitimité de la personne à s’aimer elle-même plus que les appréciations managériales sur son engagement professionnel. Cela lui permet de ne pas se donner en entier et ne pas s’épuiser dans la réalisation des injonctions contraignantes du manager.
Quand les managers soumettent leurs collaborateurs par des tactiques émotionnelles, avec des injonctions contraignantes (fais moi plaisir, fais des efforts , sois fort, sois parfait, dépêche toi.)  …pour influencer le comportement de leurs employés, ils peuvent ranimer une image de mère fusionnelle. En prenant un rôle maternel, les managers sont manipulateurs et injustes.

Le narcissisme primaire est reconnu comme déterminant dans la cohésion de la personnalité et l’investissement libidinal (c’est-à-dire des désirs de réalisation)  qui sont l’origine du « Moi » : qui je suis , ce que je sais faire, ce que sont mes valeurs et mes désirs  …

La dimension narcissique fondamentale se construit dans le désir de parentalité des parents qui précède la naissance, et ensuite dans  tout ce qu’il y a de symbolique dans les discours des parents vers l’enfant.

« La compréhension , la perception, l’investissement du moi persistent et se comportent envers les investissements d’objet , de projets, de relations comme le corps d’un animalcule protoplasmique envers les pseudopodes qu’il a émis. » (Karl-Leo Schwering, cahiers de psychologie clinique 2011)

Avoir un bon narcissisme n’est pas « avoir un trouble narcissique » ni  » être narcissique ». C’est une bonne chose, cela permet de construire une réelle confiance en soi, de se sentir légitime d’être vivant, de ne pas souffrir du syndrome de l’imposteur, de ne jamais se trouver « nul ».

Atelier D’art Thérapie

Dessinez cet « animalcule protoplasmique  » (amusez vous! Ce serait une sorte d’animal augmenté de tout ce qui compte pour vous. Par exemple comme les ciseaux ‘Edwards aux mains d’argent.)  et les pseudopodes (sortes de pieds) qui sont tous vos objets de désir, tous les lieux d’investissement de votre énergie sexuelle ou relationnelle vers les autres ou de l’énergie dévolue à vous-même.

Le narcissisme secondaire

Imaginez la vie d’une personne comme une ligne: C’est sa ligne de développement.
Le trouble narcissique est une entrave posée sur cette ligne par un milieu familial manquant de sensibilité envers les besoins affectifs REELS de l’enfant.
(Si l’enfant à vélo tombe et pleure, son besoin réel n’est pas d’arrêter de pleurer avec un bonbon ou un bisou sur le genoux ou une claque, mais d’écouter ses émotions il y a la peur, la déception, le désir,  et donc les besoins de sécurité, de constance dans l’effort, d’accomplissement en arrivant à rouler à une vitesse soutenable, besoin d’apprendre… ) . si l’adulte répond aux besoins de l’enfant ‘une manière triviale, sans l’écouter vraiment  mais en faisant selon sa propre inquiétude (que cet enfant ne prenne plus de risque pour ne pas me déranger). C’est une blessure narcissique, (Souvent chez les adultes c’est parce que lorsqu’ils étaient enfants, le bébé n’était pas considéré comme une personne et on faisait peu de cas de leurs besoins affectifs. Les parents non plus écoutait peu leurs propres émotions, parce que s’écouter soi même pouvait même être considéré comme de la faiblesse.)

Comme aucun parent ne peut être constamment adapté aux besoins affectifs de l’enfant, on peut considérer que 100% des enfants ont eu à subir une entrave dans leur développement et donc vivent un trouble narcissique à un degré divers: de 0 à 10. Certains sont troublés à un niveau 1, et en profitent pour vérifier que les autres sont d’accord avec eux, et d’autres à un niveau 9, et ils oublient qu’ils ont des ressentis, ils n’écoutent que ce que les autres attendent d’eux ou pensent bon pour eux, ils ne s’écoutent plus et forcément ils ne peuvent que se sentir nul, du coup avoir toujours moins confiance dans ce qu’ils sentent et  persister à se fier aux autres, disparaitre, et avoir des comportements d’autodestruction régulièrement… Mais c’est une façon de s’adapter à ses propres inquiétudes et continuer à fonctionner, on a un système de gouvernement externalisé, mais on se gouverne, et ça marche… même si c’est pas nous, on avance. 

Le trouble narcissique peut aussi être faible mais s’exacerber tardivement quand le milieu de développement familial, après un divorce par exemple, ou professionnel, dans un management par objectif par exemple, n’a aucun intérêt envers les besoins de ses acteurs ou de ses équipes. Le trouble embryonnaire peut alors devenir plus prégnant et plus constant, plus problématique, structurel en fait.

Le trouble narcissique primaire est une faille de la structure psychique qui fait vivre au sujet la perception de sa finitude ou une disparition symbolique menaçante, douleurs conscientes ou inconscientes,  quasiment une petite mort symbolique. Pour questionner, contrecarrer, supporter, contrôler cette difficulté, la personne va utiliser le narcissisme secondaire : la recherche de la confirmation de soi dans le rapport aux autres.  Mais alors le narcissisme secondaire oblige à une régression du sujet , des comportements  que vivait l’enfant qui cherchait à être confirmer par l’amour des parents, ou de la maitresse, ou par des bonnes notes. Il cherche toujours de la reconnaissance, à être justifié par les autres  : on pourrait ne pas apprécier ma valeur, ne pas me reconnaitre, ne pas me voir, ne pas trouver que je suis aussi jolie que ma sœur, me reprendre mon rôle, mes responsabilités…et ce serait comme une disparition de moi même.

Le narcissisme secondaire est un trouble systémique qui ne vient pas seulement d’un abus extérieur mais souvent d’une rengaine de croyances intérieures qui dont des échos des failles structurelles du moi , une atteinte du Moi-peau : Mon moi idéal n’est plus parfaitement animé en moi, MAIS je le cherche dans le  miroir du regard des autres.

Ce MAIS m’extrait de la vie et de la pleine conscience de vivre dans l’instant présent et oblige à vivre en marge de la vie : on n’est plus dans la vie ( personne réelle avec des ressentis réels …) MAIS on ne fait plus qu’observer si on se PERçOIT « ok » dans le regard des autres : meme pas une image virtuelle mais un fantasme effrayant d’un idéal jamais atteint,  (pratique pour se maintenir toute sa vie en effort constant) : ce fantasme d’un moi idéal qui ne se réalise pas c’est une douleur incompressible.

C’est le narcissisme qui vient obturer le moi réel , qui EST  et que je peux SENTIR, ressentir expérimenter, en cherchant à répondre à la question « qui suis-je ? » Cette question adressée à l’Autre dans le stade du miroir est une question prise dans le langage, celui de l’enfant à la mère et de la mère à l’enfant, je t’accueille et je t’aime, et l’enfant qui ne vit que parce qu’il est aimé…

Cette question adressée à l’Autre dans le narcissisme secondaire est une question prise dans la culture et les signifiants qui précèdent l’existence même du sujet qui la pose. Le trouble narcissique qui est le fruit d’un milieu carencé , bloque la personne dans son développement psychique. Il n’atteint pas l’autonomie et a toujours besoin de confirmation ou de disparaitre.. vous allez voir comment!

La personne souffrant de narcissisme ne SAIT pas suffisamment qui il est mais il cherche à CONSTRUIRE ce qu’il est au travers de la valeur qu’il s’accorde ou qui lui est accordée (dans un système de valeurs sociétales qu’il a adopté pour se faciliter l’évaluation de son existence, avoir des marqueurs tangibles de son ETRE et qu’il PARTAGE avec ceux dont il cherche la validation.).

Cette pulsion narcissique secondaire se joue dans ce que le sujet comprend de ce qui se joue dans les interactions aux autres. Il y plante les 5 piliers des douleurs du narcissisme. Voyez dans quels piliers vous pourriez vous trouver vous même, c’est le meilleur moyen pour se mettre en projet de s’en extrimer

1.      le retrait libidinal :

le sujet atteint d’un trouble narcissique dans la modalité de retrait libidinal n’a plus envie de ce qu’il croit qu’il ne pourrait pas faire. Par cette stratégie d’évitement, il s’assure de ne jamais être en situation de constater qu’il est susceptible d’échouer. C’est un retrait qui le met en sécurité.
En fait en même temps qu’on se met en sécurité on peut aussi se mettre dans une situation gênante. Surtout si on croit qu’on ne peut pas dire non à ce que les autres attendent de nous. ça met sous pression alors qu’on se sent incompétent à s’affirmer c’est du Dystress ( stress bloquant

2.      le dédoublement

Le dédoublement est un mouvement de réciprocité, voir/être vu ; regarder/être regardé : L’éprouvé , le ressenti dominant est celui de la satisfaction scopique par le fait d’être vu : il faut séduire, se trouver beau , valable , reconnu dans le regard de l’autre , obtenir des postes valorisants, être dans un statut social reconnu (marié, parent, propriétaire foncier, employé en CDI, collectionneur de likes sur les publications-traces de ses performances valorisantes sur les réseaux sociaux  etc) et ces valeurs sont plus sensible, présente à la conscience que le fait de vivre tout court.
En vrai vous sortirez de cette stratégie qui vous empêche d’être vous même quand vous prendrez conscience que les autres ont surtout besoin d’être vraiment en lien avec vous car vous êtes unique. Disparaitre dans la version de vous qui répond aux attentes des autres c’est injuste aussi pour les autres.  

Atelier d’art thérapie
Dessinez :

Comment je peux vivre en dehors de ce besoin du regard des autres, dans la plénitude de mon intériorité – c’est un moment aveugle , je me sens comment , intimement en moi , dans les meilleurs moments de moi? ou un moment où après avoir attendu le regard des autres on tourne son propre regard à l’intérieur de soi, et on va à la rencontre de ses ressentis intimes

3.      l’idéalisation,

La personne souffrant d’un trouble narcissique a un manque d’intégration de sa propre valeur dans la phase du narcissisme primaire ( qui est une vraie pulsion de l’enfant qui a envie de se connaitre et de se distinguer des autres : Moi tout seul!)
Ainsi, il a une grande absence de perception de soi et de ce fait, un réel sentiment de solitude. Et il associe souvent, à ce sentiment, l’impression d’être unique et éventuellement incompris.

La personne se croit spéciale et par un effet de raccourci de la pensée, pour se simplifier la situation très douloureuse, elle estime qu’elle doit par conséquent ignorer les personnes qui ne pourraient pas la comprendre. Elle estime aussi ne pas devoir expliquer son point de vue à des personnes qu’elle juge incapable d’accéder à ses pensées. Elle peut être très superficielle avec toute personne qui n’a pas été élue digne de la comprendre.

Avec les personnes jugées dignes, spéciales, haut placées, elle pourra alors chercher à communiquer avec une grande attente de connivence mais pourtant quelques-unes de ces caractéristiques dans les modalités de communication :

  • un besoin exagéré et quelquefois constant d’être aimé et admiré : AIMEZ MOI. AIMEZ MOI, regardez tout ce que je fais pour vous. jesuis formidable, ( et il pourra souvent se positionner en sauveur qui répond aux besoins des autres) 
  • le sentiment que les autres l’envient. ( je suis tellement formidable, je sais tout faire)
  • le sentiment que tout lui est dû.
  • une obsession pour la recherche de résultats et ses attributs : le pouvoir, le succès et la beauté ou autre, 
  • un manque d’empathie : le narcissique ne voit que lui et ne peut donc pas s’intéresser aux besoins et aux sentiments des autres même s’il est connecté à eux, ce qu’il fait pour eux, c’est pour être apprécié lui) 
  • Le narcissique est comme en apnée quand il n’est pas sous le regard émerveillé et dépendant des autres et dans ces moments-là , toujours , il ne peut se soucier des autres.
  • Le narcissique fait semblant de ne pas avoir besoin de tout ça ce serait une faiblesse. Il peut montrer de l’arrogance et une attitude hautaine : La personne souffrant de trouble narcissique ne peut pas reconnaitre son besoin narcissique primaire et moins encore son trouble narcissique secondaire.
  • dans cette dualité, il va mettre des masques, manipuler les autres pour arriver à ses fins sans que ses faiblesses et ses dépendances ne se voient. Derrière le masque c’est une personne très seule. 

4.      La double entrave

Ce narcissisme est une réaction à un risque concernant la viabilité du sujet. Le sujet préfère l’arrêt du développement plutôt qu’avancer seul en terre inconnue sans que ses tuteurs ne manifestent de l’empathie et ne s’inquiètent de ses besoins essentiels.

Elle affecte fréquemment les adolescents et s’observe chez l’adulte comme un signe précurseur de Burn out.

On reconnait cette double entrave à ce que le sujet ressent une violence interne accrue. De plus il s’exprime avec une  agressivité handicapante de la relation et une inhibition de l’écoute active : comme un soliloque.

Le sujet ressent :

  • Dans une dynamique constructrice :
    • la nécessité d’une autorité spécifique dans les relations ou les projets professionnels.
  • Dans une dynamique destructrice :
    • le narcissisme négatif[1] s’anime de pulsions de vie et de mort  qui se désunissent pour agir en mode  inconsciemment masochistes: le patient agit à l’encontre de son bien être et de ses besoins profonds : En niant ses besoins à ce moment là, c’est une façon de reconnaitre ces besoins dans le manque.
    • Il convoite la douleur de la confusion, de la peur, de l’échec ou de la solitude ultime. C’est, de façon plus ou moins radicale et envahissante,  une façon de mettre au premier plan la destructivité, l’inexistence, l’anesthésie, le rien, la nullité que le narcissique masochiste ressent au plan de l’affect et des représentations… On reconnait ces personnes à la façon dont ils vivent ces moments avec des colères profondes, des excès ou des manques, le « trop » et le « pas assez ». On les dit souvent Bi-polaire en les enfermant dans ce diagnostic qui leur enlève tout espoir de pouvoir se retrouver… Et ce constat désastreux peut les rassurer : plus besoin de chercher à se construire une relation nourrissante à soi même, on prend des cachets et on survit.

5.      l’oscillation métaphoro-métonymique.

Le trouble de la personnalité narcissique est caractérisé par un sentiment constant de supériorité (mégalomanie), un besoin d’être admiré et un manque d’empathie.

Les personnes atteintes du trouble de la personnalité narcissique surestiment leurs capacités, exagèrent leurs accomplissements et ont tendance à sous-estimer les capacités des autres.

Le diagnostic du trouble de la personnalité narcissique repose sur des symptômes caractéristiques présentés par la personne, tels qu’un sens exagéré et non fondé de l’importance et de ses talents, un besoin d’être admirée sans réserve et un sentiment que tout lui est dû.

C’est une alternance entre le sentiment/jugement de  » je suis supérieur » et  » je suis inférieur ».

Tous narcissiques !

On le rappelle, parce que aucun parent n’est capable de répondre à 100% aux besoins affectifs de l’enfant, tous les humains ont un narcissisme primaire carencé et doivent investir les relations humaines avec une touche de narcissisme secondaire pour se réassurer.
Pour tous, donc une psychothérapie, ou autothérapie, axée sur les conflits sous-jacents peut être utile.

Les troubles de la personnalité sont caractérisés par des schémas omniprésents et persistants de pensées (par économie énergétique, le cerveau préfère toujours répéter des schémas de pensées connus que de penser à côté, ce sont des ressentiments…) , de perception, de réaction et de relations qui entraînent une souffrance importante pour la personne et/ou nuisent considérablement à sa capacité à fonctionner. Ce sont des ressentiments.

Pour aider le narcisse en nous (et en l’autre) :

Réinvestir la narcissisme primaire

L’enjeu de la construction du narcissisme primaire est très fort car il est essentiel à la stabilité émotionnelle : elle passe par l’intégration de la reconnaissance / appréciations des parents, pour se sentir exister tout seul. Les parents ont le rôle d’accompagner cet âge en étant généreux en signaux d’observation de ce que fait l’enfant (de positif) : Bonjour + prénom (pour qu’il se reconnaisse) . As tu bien dormi? Ah! bien . tu es contente? tu te sens en forme?  as tu des projets pour aujourd’hui? Ah, et avec qui et c’est intéressant pourquoi? Oh, c’est intéressant que tu t’intéresses à ça. Explique moi pourquoi ça t’intéresse etc toutes questions sur les faits de sa vie, ses émotions et ses besoins  …

Ce ne sont pas que des conseils aux parents, car si vous souffrez ( comme moi ) de trouble narcissique, vous gagnez à prendre soin de vous et vous demandez comment vous allez, comment vous vous sentez: écoutez votre corps, ses ressentis : chaud ou froid, léger ou lourd, ouvert ou fermé, pétillant bouillonnant, frétillant, immobile, silencieux, bourdonnant, fatigué, tonique, mou, bleu, jaune brillant…  Cette météo est une stratégie d’hygiène mentale très utile. Après avoir senti vraiment dans le corps ( et pas dans un geste de l’esprit qui résume d’un « ça va pas trop mal » , alors on peut accéder aux sentiments, messagers des besoins et aux besoins.

Il est essentiel de communiquer avec son enfant, ou ses élèves ou son compagnon de vie, soi même ou toute personne par des questions qui prennent le temps et ne sautent pas brutalement de « Bon … Alors … Tu en es où? » à  « C’est quoi le problème? », puis « Tu vas faire quoi » et en interrogeant seulement les manques et les stratégies et en faisant silence sur les émotions et les besoins de la personne avec un accueil très empathique sur la réalité de ce qui s’éprouve dans l’intimité de la personne. On s’intéresse en vrai aux autres, pour leur bien et pour entrer en résonnance et se sentir vivant soi même, pour notre bien: parce que qiand les gens sentent des émotions et les partagent, cela fait naitre en nous des émotions en retour que nous pouvons partager: « Quant tu me dis que tu te sens triste, je sens que tu as besoin de soutien et je me sens compatissant et connecté, et si ça te va, on peut aller se promener ou prendre un café.

Offrir de l’empathie

Au quotidien, juste pour une question d’équilibre de vie, à moi-même, j’offre de l’empathie : « en vérité, qu’est-ce que je ressens ? quels sont mes besoins ? ai-je besoin réellement de disqualifier les autres pour m’apaiser … Et à tous les autres, j’en offre aussi : « en vérité, qu’est-ce que tu ressens ? quels sont tes besoins ? Je sens que tu sens … ,

 Dire stop :

A moi-même : “J’aimerais que tu arrêtes de parler de mon moi /idéal ou de la peur de ne pas être ce que je voudrais être, pour que je puisse discuter de ce qui préoccupe mon moi réel, ou me réjouit en ce moment.

A l’autre : « J’aimerais que tu arrêtes de parler tout seul de tes points de vue, pour que nous puissions discuter ensemble de ce qui nous préoccupe ou nous réjouit réellement en ce moment.

Offrir de l’humour (et de la confusion hypnotique)

Cette conversation est un échange”, “Tu ne fais que dénigrer les autres, mais sont-ils , suis-je aussi incompétents que tu le dis ? Peut-être arrivent-ils à faire des choses que toi tu es incapable de faire…” et tu aimerais que ce soit une surprise pour toi ? // Peux-tu reconnaitre cela, maintenant ou dans un moment ? Peut etre souhaites tu reconnaitre cela avant qu’ils ne trouvent eux aussi la nécessité de te dénigrer intérieurement … puisque tu sais que ton moi idéal n’est vraiment qu’idéal et qu’il n’as jamais rien fait d’aussi idéal que ce qu’il se représente qu’il est capable de faire)
dès que tu sera prêt à te réveiller de ce monologue négatif, tu pourras prendre une grande respiration entièrement automatique et à nouveau nous pourrons parler ensemble en direction d’un objectif positif.

En phase de crise panique narcissique, vous pouvez essayer de jouer au pire du pire  ou de stimuler votre nerf vague pour apaiser les ressentis physiologiques qui mettent votre esprit en devoir de trouver  » qu’est ce qui va mal ».

Respirer

En cas de stress, inspirez sur un temps court ( par exemple sur 4 temps) et expirez sur un temps long, ( par exemple 6 ou 7 temps) choisissez un rythme confortable pour vous mais dans cette proportion inspire court/ expire long. C’est très utile en particulier pour les crises nocturnes.
L’avantage secondaire de compter 1-2-3- 4 / 1- 2- 3- 4 – 5 – 6 au milieu de la nuit, c’est que ça évite de penser et d’être négatif.

Atelier d’art thérapie
Dessinez :

Tous narcissiques !

Nous avons en nous des parts qui ont pu être exilées, et manquer de narcissisme primaire. Elles ne peuvent plus se connecter  avec les autres parts et pour se reconnecter, elles ont besoin de reconnaissance et d’être valorisées.

Dessinez comment vous allez leur donner de l’empathie : Regardez-les, elles ont le droit de souffrir , et de demander consolation.

Quelle part sera tolérante avec quelles autres parts exilées ? Félicitez, valorisez cette part et ce qu’elle vous a permis.

Offrez lui d’aimer son narcissisme primaire ou meme ses narcissismes secondaires, tous troubles vivables, plutôt que souffrir ou faire souffrir pour défendre que l’information qui manque aux autres (vous êtes unique) leur parvienne au travers de la pire expérience qui soit, car il serait pire de rester en mémoire dans la pire image que vous avez de vous-même que de disparaitre des mémoires.

 

[1] selon Rosenfeld (1964, 1965, 1971)

[2] (Kernberg (1976)