Mon enfant est précoce. Que faire? Que ne pas faire?

Publié le : 12 août 2021

Douance, surdouance

Le développement psychique d’un enfant n’est pas une science exacte, chaque enfant a son propre rythme. Certains auront un développement psychomoteur ou lexical (apprentissage du langage) plus rapide (ou plus lent) que la moyenne. Tant que le développement de l’enfant se fait dans la famille, il suffit de répondre à ses curiosités. Quand l’enfant doit s’insérer dans un groupe scolaire, il est temps de faire établir un diagnostic pour lui permettre de rejoindre un groupe  avec lesquels ils pourra partager ses curiosités : Il est vital qu’il puisse vivre un sentiment d’appartenance à son groupe, qu’ils ne se sentent pas différent.

Nous sommes tous uniques et singulier. C’est bon de le savoir, mais à l’âge de la maturité!

Dans le temps de l’enfance et de l’adolescence, l’enfant a besoin de se sentir appartenir à un groupe auquel il peut s’identifier, apprendre par mimétisme.

L’enjeu des adultes de tutelle est de valoriser tout ce qui rassemble ce groupe: mêmes objectifs, même condition humaine, même façon d’avoir peur des réactions de l’autre, de savoir écouter, de ne pas toujours le faire etc… Tout ce que vous pourrez dire ou faire pour lui montrer les points de ressemblance avec les autres lui seront une force.

Haut potentiel

Es tu inquiet? As tu peur que ton maitre/ ton camarade ne t’aime pas? Et bien lui aussi!

Tu t’intéresses à l’astronomie et aux étoiles? C’est une passion comme une autre. tous tes camarades ont un centre d’intéret préféré. Tu n’es surement pas le seule à avoir une passion. Demande aux autres ce qui les intéresse! parles en!

Tu t’ennuies?  Tu penses ne pas avoir d’ami. Nos amis ne sont pas exactement comme nous, on peut se trouver des centres d’intérêt commun très partiel. Il suffit de trouver 2 camarades de classe qui ont au moins une envie en commun… Mais oui, bonne idée, allez vous promener.

La précocité se gère de 3 façons:

Accélération (une classe ou deux d’avance)

Elargissement (des activités périscolaires : sports(+++, même s’ils ont le gout des activités intellectuelles), théatre, langue étrangère, musique, dessin, peinture.

Approfondissement (on creuse, on va plus loin) : en parallèle à son programme scolaire, vous pouvez lui proposer, après la classe, ou pendant la classe avec l’aide des enseignants, des compléments : lectures libres, calligraphie, enluminures, techniques des entrelacs, sudoku, histoire des sciences… des associations proposent des ateliers spécifiques pour enfants précoces.

Mais ça ne suffit pas.
Un enfant est précoce parce qu’il est « vorace ». Il a besoin de « plus ». La précocité n’est pas seulement  une singularité à gérer. C’est aussi un symptôme d’une altération de la structure psychique a des sources  plurielles : cognitives, émotionnelles, psychiques .

  • Il se peut que les gestes cognitifs s’accomplissent plus vite.
  • Il se peut que les gestes mentaux s’accomplissent avec une logique singulière avec un désinvestissement des gestes d’attention (c’est lent et ça procure peu de satisfactions) et un surinvestissement des gestes d’imagination, d’intuition, de jugement. (ça donne la sensation de produire du sens et l’occasion d’être reconnu, apprécié et c’est appréciable)
  • Il se peut qu’il ait un trouble de la relation qui empêche le plaisir dans le geste d’attention à soi, aux autres, à ses milieux, au monde… et qui ne lui laise que le loisir d’activer des petits vélos dans sa tête pour se sentir vivant….

Ces configurations et  d’autres peuvent être la cause ou la conséquence de désordres de la coordination interne (cénesthésie) et en conséquent d’une désorganisation de la production des neurotransmetteurs qui induit en conséquence un défaut d’empathie, un trouble de la perception des ressentis intellectuels et émotionnels des autres . Les effets des cénesthopaties associées aux TDAH sont variées : Difficulté du sommeil, dyspraxies, frustrations fréquentes (faiblesse dopaminique), mémorisation rapide, mais aussi phobie scolaire.

La précocité, qui pourra devenir un profil cognitif de haut potentiel s’il n’y a pas de trouble de l’attention crée un signe distinctif et occasionne de nombreuses évaluations et comparaisons, qui causent à leur tour, par un effet d’objectification un trouble de l’estime de soi et de la confiance dans le regard des autres.

La pulsion vorace qui entraine un trouble de l’attention pourra s’apaiser avec une rééducation des fonctions sensorielles par un développement de la corporéïté de l’enfant (pratique d’activité physique coordonnée à un groupe, stimulation sensorielle (Méthode Tomatis, vittoz, equitation, natation, bains de mer, douches écossaises – chaud froid chaud froid…)  mais aussi de la famille (ballade, et autres activités partagées) 

Mais ça ne suffit pas. 

Quand la présence d’un ou plusieurs enfants et adultes TDAH ou TSA ou HPI ou HPE dans une famille fatigue ses membres, il y a situation de crise familiale. On oublie souvent que les situations de crise produisent de la déperditionl de viabilité de la cellule familiale comme corps, et une atteinte à son narcissisme collectif: Chacun est alors dans le deuil de la famille idéale, intacte. 

C’est pourquoi, je préconise une gestion familiale des troubles de l’attention et de l’hyperactivité par l’investissement de chacun dans l’apaisement du trouble par la production de moments privilégiés dans lesquels on développe en pleine conscience une attention intense, jouissive à l’autre, par l’ouïe, les yeux, la tête, le corps, la main : je t’écoute, je te regarde, je t’entends, je te reçois, je te remercie d’un geste du corps et de la tête…. le plaisir de ces moments produira de la sérotonine dans une activité d’attention et par plasticité neuronale, une plus grande attractivité des gestes de l’attention.

Avec de la gestion mentale et de la dédramatisation des différences, avec des activités stimulantes coordonnées en famille, avec une stratégie ou une autre d’accompagnement de la précocité, vous pourrez transformer le risque en opportunité.

L’enjeu est aussi que votre enfant puisse s’intégrer , avoir un sentiment d’autoefficacité, et être fier de lui.

Cela passera par le sentiment d’autoefficacité de la famille, la fierté de vos réalisations, de votre génie, de votre art familial.

Vous pouvez vous faire aider en consultant un expert des sciences de l’éducation, dans le cadre d’une mission de guidance parentale ou en participant aux ateliers d’Art Familial.