Vers une parentalité et une conjugalité créatives et compassionnelles
!! Penser avec Philosophie la conscience relationnelle, l’authenticité, la régulation émotionnelle et la créativité dans les rôles de parents t de conjoints pour éviter l’injonction de performance et de conformité des normes sociales.!!
Le diagnostic partagé : de la pression à la déconnexion
Nos sociétés modernes génèrent une pression intense qui nous coupe de nos ressources relationnelles naturelles.
D’un côté, la pression maternelle avec ses injonctions à la perfection parentale depuis les travaux de Françoise Dolto ; de l’autre, l’impolitesse conjugale comme symptôme d’une déconnexion de soi et de l’autre en mode survie.
Cette pression commune active ce que Stephen Porges appelle le système nerveux autonome en mode défense, générant hypervigilance, irritabilité et isolement.
Le résultat ? Une créativité adaptative épuisante qui nous fait survivre mais nous empêche de vivre pleinement nos relations.
Les mécanismes de la déconnexion relationnelle
L’immuabilité comme prison relationnelle
L’immuabilité est une force qui nous fait tenir dans l’adversité, en appliquant ce que l’école de la vie nous a appris. C’est aussi une faiblesse : On utilise des parades spécialisées pour nous adapter à un stress du passé en le mettant aujourd’hui de façon immuable, à toutes les sauces, au point qu’on nous connait sous ce biais là. La parade de notre stress est devenu notre masque le plus utilisé, un « faux self » (Winnicott) qui nous sauve et nous perd : nous sommes enfermés dans un conditionnement culturel qui nous coupe de notre authenticité. (exemple : Mon syndrome de l’abandon, me pousse à chercher, en famille, sans arrêt un signe de validité extérieure et je rends service sans cesse en résolvant des problèmes pour aider des personnes qui ne ‘ont rien demandé. Bon, je me suis soigné en devenant thérapeute, comme ça j’aide des gens qui ont exprimé une demande… Lol)
A propos de ce qui nous occupe, les injonctions contraignantes intégrés des parents d’aujourd’hui sont
– En parentalité : la quête de la « mère parfaite » anticipe tous les besoins ( comme celui que je viens de vous partager)
– En conjugalité : les « réponses immuables de détresse » qui nous enferment dans des patterns répétitifs ( comme celui que je viens de vous partager.. Oui j’ai une stratégie qui répond à toutes les injonctions. C’est encore plus compliqué pour s’en débarrasser.)
La transmission générationnelle des blessures
Evidemment ces programmes officiels intimes et implicites qui nous contraignent sont un héritage culture, un fruit des croyances limitantes nées dans les psychopathologies familiales ordinaires ( comme disait Freud)
C’est vrai pour moi, née dans une famille laborieuse dans une Europe pacifiée comme pour Mariam née au Liban en temps de guerre ou pour Ronan née dans une famille d’artistes originaux: toutes et tous, nous avons intériorisé des injonctions sociales et la dynamique est identique : nos réactions de survie, jadis adaptées, deviennent inadaptées dans nos relations présentes. Pour moi, l’injonction c’est FAIRE FAIRE FAIRE TRAVAILLER ETRE UTILE, pour Mariam c’est PAS DE SALUT HORS DE LA TRIBU, Pour Ronan c’est TU DOIS ETRE ORIGINAL POUR ETRE CONFORME. .. Tous les trois avons perdu notre liberté dans ces croyances et par l’application inconsciente de nos programmes officiels intégrés. et nous sommes nous même nos propres gardiens de nos prisons
La solution commune : retrouver la créativité féconde
Du « suffisamment bon » à la politesse créative
La notion centrale de « mère suffisamment bonne » de Winnicott trouve son pendant parfait dans la « politesse créative ». Dans les deux cas, il s’agit d’abandonner la quête de perfection pour privilégier l’authenticité et l’ajustement :
« La mère suffisamment bonne n’est pas parfaite, mais elle offre un environnement tout juste acceptable » résonne avec « La recette, c’est suffisamment bon. Humour sur soi. Bienveillance pour soi et bienveillance envers les autres. »
Le holding étendu : du maternage à la conjugalité
Le concept de holding (Initialement pensé comme fonction maternelle) s’étend à une philosophie relationnelle complète :
- Holding parental : contenir physiquement et psychiquement l’enfant
- Holding conjugal : porter la mère, soutenir le conjoint
- Auto-holding : se porter soi-même avec bienveillance, avec compassion pour accueillir nos sentiments et nos besoins les plus profonds, y compris les besoins exilés .
Cette extension du holding vers une co-parentalité compassionnelle où chaque parent « porte » l’autre illustre parfaitement comment la créativité relationnelle peut transformer nos dynamiques familiales.
Exemple : Sentiment : peur ( imperceptible j’ai l’air très confiante , mais c’est toujours un peu là au fond de moi, cette peur de l’abandon.. Tiens pourquoi telle amie ne m’appelle jamais ?Elle ne m’aime plus? Besoin immédiat : sécurité stratégie : vérifier qu’on est aimable en rendant service) Besoins profonds : liberté, justesse, contribuer au beau… Donc je me soigne et je trouve d’autres stratégies pour vivre mes vrais besoins , c’est de l’auto-holding! et c’est tellement facile, .. Vous essaierez! Lisez encore je vous donne après des outils (même si vous ne les avez pas demandés!)
Les innovations conceptuelles majeures
La koinonia : un pilier philosophique moderne
Je vous présente un innovateur fameux : Aristote. Il a voulu inventer le concept de la koinonia comme modèle de société idéale et ça n’a pas marché. Le mot n’a meme jamais été traduit. un vrai Flop,
Et pourtant cela aurait été une chance pour l’humanité. Mais tout n’est pas perdu, vous et moi allons œuvrer à la diffusion de cette innovation remarquable.
Définition de la Koinonia : C’est une société ( ou une famille) dans laquelle chacun donne le meilleur de soi pour que chacun soit en situation de donner le meilleur de lui même. »
Note de la rédactrice : C’est à dire pas pour être le plus fort, le plus méritant, pas pour soigner ses propres blessures, pas pour être le plus reconnu, le plus diplômé ou le plus riche.. On donne le meilleur de soi parce que si c’est pas nous qui le faisons qui le fera? et parce que c’est bon pour soi, de se sentir dans la maturité de l’accomplissement. On donne ce qu’on peut et pas plus, et si l’autre donne moins c’est pas notre problème, ce n’est pas une question d’égalité mais d’équité. Et si quelqu’un n’y arrive pas, c’est qu’il est atteint et blessé et on continue parce que notre constance sera pour lui un milieu capacitant ( alors que les reproches ou la comparaison ou le jugement sont des milieux invalidants).
Cette « communauté de participation et de partage authentique » offre un cadre éthique sociologique, philosophique, psychologique, politique solide pour penser la famille contemporaine au-delà des schémas traditionnels.
Et pensons y avant les élections, c’est aussi une solution pour nos hommes politiques : ne votez que pour ceux qui agissent dans l’esprit de la Koinonia..
.( Revenons à la famille .. ) La koinonia familiale encourage :
- La co-construction d’un climat de confiance
- Le partage authentique des responsabilités
- La solidarité quotidienne et la « politesse du cœur »
Les deux créativités : adaptative versus féconde
La distinction entre créativité adaptative (mode survie) et créativité féconde (mode sécure qui autorise la liberté) constitue une grille de lecture puissante pour comprendre nos fonctionnements relationnels :
- Créativité adaptative : inventivité pour traverser les épreuves, contourner les obstacles, se protéger (en application des schémas issus du conditionnement du stress post traumatique : abandon, conflits, séparations, hyperexigence éducative etc)
- Créativité féconde : capacité à la beauté, à l’harmonie, au jeu relationnel authentique
Cette distinction éclaire pourquoi nous pouvons être très créatifs dans la gestion de crise tout en perdant notre capacité à l’intimité paisible.
La méthode intégrée de régulation relationnelle
Les quatre étapes vers la créativité féconde
- Reconnaître son état : « Le monde est stressant, ça me coupe de ma créativité »
- Se tourner vers soi : identifier sentiments et besoins sans jugement
- Accueillir : honorer tous ses besoins, même contradictoires
- Choisir sa réponse créative : sortir des automatismes pour inventer l’ajustement juste
Les outils de co-régulation familiale
- Portage physique et psychique : retrouver la régulation par le contact et la présence
- Respiration profonde et activation parasympathique : utiliser le corps pour réguler l’émotion
- Auto-compassion et bienveillance mutuelle : transformer le discours intérieur critique
- Rituel des 15 minutes quotidiennes : créer un espace sacré pour la relation
Vers une écologie relationnelle renouvelée
De l’individuel au systémique
Ainsi , la koinonia, comme principe immuable, solide et bienveillant se propose pour renouveler l’esprit de nos engagements et tarir les sources systémique et écologique des paradoxes de nos relations :
- La parentalité ne se vit pas en solo mais en réseau de soutien : chacun donne le meilleur de soi, en confiance et dans l’estime mutuelle, et la conscience partagée des responsabilités
- Le couple ne peut prospérer que dans un environnement qui nourrit chaque individu, dans la conscience individuelle et relationnelle
- La famille devient un écosystème de régulation mutuelle.
La politesse comme acte révolutionnaire
Dans un monde de plus en plus déconnecté, la véritable politesse – cette capacité à s’intéresser authentiquement à l’autre – devient un acte créatif et même révolutionnaire. Elle nécessite de :
- Sortir de sa rumination personnelle ( tensions activées entre croyances limitantes, injonctions contraignantes, comportements réactifs, sentiment d’impuissance et de perte de liberté)
- Activer ses capacités relationnelles (on en a tous, cherchez vos sensations internes désirées que vous vivez en plein quand vous êtes dans une relation bienveillante)
- Choisir la présence plutôt que la performance (et jamais de reproches, ni d’attentes sur l’autre : chacun donne ce qu’il peut donner, c’est déjà acquis)
Les applications pratiques : une boîte à outils intégrée
Pour la parentalité
- Accepter l’imperfection comme bénéfique au développement de l’enfant
- Pratiquer le co-holding entre parents
- Installer une dynamique compassionnelle familiale
- S’inspirer de la koinonia pour créer une communauté familiale solidaire
Pour la conjugalité
- Remplacer « Comment ça va ? » par « Qu’est-ce qui t’a nourri aujourd’hui ? »
- Pratiquer la réparation rapide après les moments d’impolitesse
- Cultiver la curiosité authentique plutôt que la solution de problèmes
- Créer des rituels de connexion qui sortent du mode « gestion »
Pour l’individu
- Distinguer ses besoins authentiques des injonctions sociales
- Développer sa capacité d’auto-holding et d’auto-compassion
- Apprendre à réguler son système nerveux par la respiration et le contact
- Cultiver sa créativité féconde dans les petits gestes du quotidien
Conclusion : vers une révolution douce des relations
Vous voilà en train d’imaginer déjà les contours de la révolution douce de vos relations familiales et conjugales. Vous vous proposez de passer :
- De la performance à la présence
- De la conformité à l’authenticité
- De la survie relationnelle à l’épanouissement créatif
- De l’individualisme à la koinonia
Il vous faut juste trouver comment, .. Mais vous saurez être créatif dans la liberté retrouvée dès que vous aurez fait la liste de vos croyances limitantes qui ne sont que des croyances et donc pas vraie. ( je n’ai jamais été abandonnée, j’avais juste un père hyperactif et une mère un peu dépressive, qui ne comprenait rien à leurs émotions et encore moins à celles de leurs enfants.)
Cette approche intégrée reconnaît que nos blessures peuvent devenir nos forces quand nous apprenons à les transformer en créativité féconde. Elle nous invite à redécouvrir notre « génie naturel pour l’amour » à travers une pratique quotidienne de la régulation, de la compassion et de la créativité relationnelle.
L’enjeu n’est pas de créer des familles parfaites, mais d’inventer des familles suffisamment bonnes où chacun peut grandir, se réguler et exprimer sa créativité authentique. Dans cette perspective, chaque geste de politesse créative, chaque moment de holding partagé, chaque élan de compassion mutuelle devient un acte de résistance contre la déshumanisation de nos sociétés et une contribution à l’émergence d’un monde plus connecté et plus vivant.
Prêts pour l’aventure?
Si vous hésitez sachez qu’il y a plein d’outils pratiques sur ce site ( rédigés dans tous les styles : forations sérieuses étayées scientifiquement, fiches techniques brèves, cas cliniques exemplaires et confidences philosophiques comme celui ci) et que je réponds volontiers à vos questions
Goutez à celui là déjà La danse de la corégulation positive

